L’OMS s’engage contre le cancer du col de l’utérus

A l’instar de la France, l’OMS s’engage contre le cancer du col de l’utérus.

L’OMS a lancé, la semaine dernière, sa stratégie mondiale en vue d’accélérer l’élimination du cancer du col de l’utérus qui pourrait, si les mesures sont mises en œuvre avec succès, réduire de plus de 40% le nombre de nouveaux cas et éviter 5 millions de décès liés à la maladie d’ici 20250 .

La généralisation de l’action pilote menée en Alsace, qui a instauré depuis plusieurs années le dépistage systématique du col de l’utérus, à l’ensemble des départements du Grand Est est une priorité inscrite dans le Plan Régional de santé 2018-2028 de l’ARS GE.

Une annonce historique. Pourquoi?

L’adoption de cette résolution est une annonce majeure pour la région Grand Est :

  • Pour la première fois, 194 pays s’engagent à éliminer un cancer
  • Elle confirme une des priorités de l’INCa, inscrite également dans le Plan Régional de Santé du Grand Est (PRS 2018-2028) : généraliser le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus à l’ensemble de la région.

2 ème cause de mortalité par cancer chez les femmes de moins de 45 ans

Le cancer est l’un des seuls cancers pour lequel le pronostic se dégrade en France. Chaque année, près de 3 000 nouveaux cas sont diagnostiqués et plus de 1 100 femmes décèdent du cancer du col de l’utérus.

Pourtant, il pourrait presque être éliminé grâce à la vaccination des jeunes filles contre les HPV et au dépistage par FCU chez les femmes de 25 à 65 ans.

90 % des cas pourraient être évités grâce au dépistage

Une infection très fréquente

Les principales causes du cancer du col de l’utérus sont les infections très fréquentes à Papillomavirus humains (HPV). Environ 8 femmes sur 10 rencontreront le virus au moins une fois dans leur vie.

La plupart du temps des infections sont transitoires car l’organisme élimine spontanément le virus dans les 2 ans. Mais dans 10 % des cas, cette infection persiste et peut provoquer, s’il s’agit d’un HPV HR, des anomalies des cellules du col de l’utérus qui peuvent évoluer en lésion précancéreuses.

Le Papillomavirus humains (HPV) est une famille de virus composée de plus de 200 génotypes dont une quinzaine d’entre eux sont dits à haut risque de cancer ou oncogènes. Certains HPV peuvent également être à l’origine de lésions bégnines comme les verrues génitales. Les HPV oncogènes sont responsables de près de 100% des cancers du col de l’utérus. Or ces virus se transmettent très facilement, par contact intime, lors de rapports sexuels avec ou sans pénétration.

Pratiquée avant le début de la vie sexuelle, la vaccination anti-HPV empêche quasi 100 % des infections par les HPV inclus dans les vaccins.

La vaccination : un moyen simple et efficace

En 2021, pour les filles ET les garçons

La vaccination anti-HPV est recommandée pour toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans mais aussi, à partir de janvier 2021, pour tous les garçons. Un rattrapage vaccinal est possible entre 15 et 19 ans révolus, pour que les personnes majeures peuvent décider seules d’une vaccination. La vaccination anti-HPV est également recommandée :

  • entre 11 et 19 ans chez les filles et les garçons immunodéprimés ;
  • entre 9 et 19 ans chez les filles et les garçons candidats à une transplantation d’organe solide ;
  • jusqu’à 26 ans chez les hommes ayant ou ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Le plus tôt possible

Une vaccination le plus tôt possible est recommandée. D’une part, si la vaccination a lieu avant 14 ans, le schéma vaccinal peut être réduit à 2 doses du fait d’une meilleure réponse immunitaire. D’autre part, il est préférable de vacciner avant les premiers rapports sexuels et donc avant l’exposition aux virus HPV.

Les virus HPV s’acquièrent généralement dans les cinq années suivant les premiers rapports intimes.

La vaccination en pratique

Les trois vaccins disponibles sont le Gardasil®, le Gardasil 9® et le Cervarix®.

La vaccination contre les HPV peut être prescrite et réalisée par un médecin, une sage-femme ou un(e) infirmier(e) sur prescription médicale. Les services de vaccination du secteur public (municipaux ou départementaux) peuvent également la proposer gratuitement.

Selon l’âge et le vaccin utilisé, la vaccination nécessite deux ou trois injections. Le respect d’un des deux schémas vaccinaux suivants est nécessaire pour que cette vaccination soit efficace.

1. Schéma vaccinal entre 11 ans et 14 ans

 Gardasil 9®Gardasil®Cervarix®
1ère injectionEntre 11 et 14 ansEntre 11 et 13 ansEntre 11 et 14 ans
2ème injection6 à 13 mois plus tard6 mois plus tard6 mois plus tard

2. Schéma vaccinal, après 14 ans

 Gardasil 9®Gardasil®Cervarix®
1ère injectionEntre 15 et 19 ansEntre 14 et 19 ansEntre 15 et 19 ans
2ème injection2 mois après la 1ère injection2 mois après la 1ère injection1 mois après la 1ère injection
3ème injection4 mois après la 2ème injection4 mois après la 2ème injection5 mois après la 2ème injection

Remarques :

  • En cas de démarrage d’une vaccination anti-HPV, le vaccin à choisir est le Gardasil 9®.
  • En cas de retard entre 2 doses, il n’est pas nécessaire de recommencer le schéma vaccinal, il suffit de le terminer.
  • Il est recommandé de terminer un schéma vaccinal avec le même type de vaccin choisi pour initier la vaccination.
  • Il n’est pas recommandé de refaire une vaccination avec le Gardasil 9® si celle-ci a déjà été réalisée avec le Gardasil® ou le Cervarix®.
  • L’injection d’un vaccin anti-HPV peut être réalisée le même jour que le rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite-coqueluche prévu entre 11 et 13 ans.

Toutes les doses de vaccins anti-HPV sont remboursées, comme les autres vaccins, par la Sécurité Sociale à l’exception du ticket modérateur. Le reste à charge peut être remboursé par les mutuelles complémentaires. Il n’y a pas d’avance de frais pour la consultation dans les centres de vaccination publics, les Cegidd et les centres de planification familiale.

En Alsace, la Ligue contre le Cancer prend en charge, en l’absence de mutuelle, la partie non remboursée par les organismes d’assurance maladie. Il suffit d’en faire la demande auprès du pharmacien.

Pourquoi se faire dépister?

Grâce au dépistage, le cancer du col de l’utérus peut être évité dans 9 cas sur 10

Grâce au test de dépistage on peut repérer des lésions provoquées par le virus très fréquent appelé papillomavirus (ou HPV) et les soigner avant qu’elles ne se transforment en cancer. Si un cancer est découvert, il sera traité tôt, avec des soins moins lourds.

Pour qui ?

Pour toutes les femmes dès 25 ans et jusqu’à 65 ans. Même après la ménopause, et même si l’on n’a plus de rapports sexuels.

Comment se déroule le test de dépistage ?

L’examen ne prend que quelques minutes. Il peut être désagréable mais n’est pas douloureux. Cet examen permet de recueillir des cellules au niveau du col de l’utérus. Ensuite le prélèvement est envoyé pour analyse.

Pour plus d’informations rendez-vous sur le site de l’INCa ou contactez votre site départemental du CRCDC GE (Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers du Grand Est)