Préservation de la fertilité. Le nouveau Thésaurus de l’INCa est disponible

Préservation de la fertilité chez les femmes et les hommes atteints d’un cancer

UN BESOIN D’INFORMATION ET DE CONSENSUS

En Europe et aux États-Unis, la survie des patients atteints de cancer a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, en raison des progrès diagnostiques et thérapeutiques. Le taux de survie à 5 ans des cancers de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte (AJA) dépasse les 80 %.

À mesure que le pronostic du cancer s’améliore, les effets indésirables à long terme des traitements prennent une importance croissante. Les altérations de la fertilité sont parmi les effets indésirables qui ont le plus grand impact sur la qualité de vie des patients en âge de procréer, quel que soit le sexe.
Les troubles de la fonction gonadique* sont aussi un enjeu majeur dans l’après-cancer chez les patients, leurs conjoints et les parents d’enfants guéris.

La préservation de la fertilité est un domaine très évolutif du point de vue technique. Au cours des 5 dernières années, des possibilités techniques nouvelles se sont développées, élargissant le champ des indications de préservation de la fertilité (notamment chez les femmes et les enfants). Ainsi, plus de 130 naissances d’enfants en bonne santé ont été obtenues après auto-transplantation orthotopique de tissu ovarien après la puberté, et le premier cas de grossesse spontanée et de naissance vivante après greffe de tissu ovarien conservé durant l’enfance a également été rapporté.

Par ailleurs, le niveau de preuve en termes d’efficacité des techniques a augmenté, les faisant considérer comme des techniques sortant du champ expérimental (cryoconservation de tissu ovarien). Actuellement, des mesures visant à permettre aux personnes atteintes du cancer de préserver un potentiel de fertilité pourraient être proposées à une majorité d’entre elles.

Cependant, plusieurs enquêtes récentes ont indiqué que de nombreux patients, hommes et femmes, sont encore insuffisamment conseillés concernant les effets délétères des traitements du cancer, et qu’un nombre encore plus faible se voit offrir une proposition de préservation de la fertilité.
De plus, lorsque la préservation de la fertilité est proposée, il manque souvent un consensus de conseils et de normes d’adressage, ce qui conduit à une hétérogénéité de pratiques.

*Une gonade est un organe destiné à la production d’hormones sexuelles et à la reproduction. Elle contient les cellules de la reproduction, les gamètes: les ovocytes (ou oeuf) dans l’ovaire et les spermatozoïdes dans le testicule. Ces organes vont donc jouer un rôle important au sein de l’appareil reproducteur.

UN TRAVAIL POUR TOUS LES PROFESSIONNELS MEDICAUX ET PARAMEDICAUX

Ces recommandations sont destinées aux professionnels de santé, y compris les médecins généralistes et les professionnels paramédicaux, impliqués dans le parcours de soins des patients atteints d’un cancer et la gestion des effets indésirables impactant la fertilité induits par le cancer ou par ses traitements.

L’objectif de ces recommandations pour la pratique clinique est de permettre une prise en soins optimale et homogène sur tout le territoire, des enfants, adolescents, jeunes adultes et adultes pris en charge pour un cancer.

La synthèse présente les principales conclusions issues des éléments développés dans le thésaurus, disponible en téléchargement sur le site www.e-cancer.fr.
Le lecteur trouvera dans ce thésaurus l’ensemble des argumentaires soutenant ces recommandations.

L’objectif ultime est la préservation de la fertilité et l’amélioration de la qualité de vie future de ces patients avec notamment :

  • La mise à jour du référentiel de l’AFSOS 2013
  • L’élaboration de nouvelles recommandations pour les questions non traitées à ce jour.

PRINCIPALES CONCLUSIONS DE LA SYNTHESE

À QUI DEVRAIT-ON CONSEILLER LA PRÉSERVATION DE LA FERTILITÉ (INFORMER ET AGIR)?

QUELS SONT LES TRAITEMENTS MÉDICAUX OU CHIRURGICAUX PERMETTANT DE RÉDUIRE LE RISQUE D͛’INFERTILITÉ

QUELLES SONT LES MODALITÉS DE PRÉSERVATION DE LA FERTILITÉ CHEZ L͛ADULTE ET CHEZ L͛ENFANT ?

QUEL SUIVI DE LA FERTILITÉ APRÈS UN CANCER ?

À QUI DEVRAIT-ON CONSEILLER LA PRÉSERVATION DE LA FERTILITÉ ?

QUELLES SONT LES MODALITÉS DE PRÉSERVATION DE LA FERTILITÉ CHEZ L͛ADOLESCENT PUBÈRE, L͛ADULTE ET LE GARÇON PRÉPUBÈRE ?

QUEL SUIVI DE LA FERTILITÉ APRÈS UN CANCER ?

OBJECTIFS ET AMBITIONS : OPTIMISER LE PARCOURS DE SOINS DES PATIENTS ATTEINTS DE CANCERS

Ce travail vise à

  • Mettre à disposition un référentiel de qualité et actualisé élaboré par un groupe de travail multidisciplinaire.
  • Améliorer la délivrance à la phase d’annonce de l’information des patients.
  • Faciliter l’adressage à un spécialiste compétent en préservation de la reproduction.
  • Assurer un égal accès des patients sur l’ensemble des territoires aux plateformes clinico-biologiques de préservation de la fertilité.
  • Assurer le suivi des patients (enfants, adolescents et adultes jeunes) qui ont ou non bénéficié de procédures de préservation de la fertilité avant le traitement du cancer.
  • Améliorer la délivrance simultanée de l’information des troubles de la sexualité liés à la maladie ou au traitement.

L’enjeu est d’améliorer la qualité des traitements et du service médical rendu aux patients afin de réduire les inégalités de soins.

  • Ce travail de référentiel doit permettre à l’ensemble des professionnels de l’oncologie de proposer à leurs patients un accompagnement individualisé dans le champ de la préservation de la fertilité.
  • Il devrait aussi apporter des arguments permettant de faciliter la proposition de certaines options thérapeutiques pour limiter le recours à des stratégies moins pertinentes et par là même limiter les éventuels effets indésirables qui pourraient en résulter.
  • Enfin, il devrait favoriser la recherche sur la prévention et sur la réduction des risques d’altération de la fertilité ainsi que sur sa restauration.