Cancers de mauvais pronostic

Les réseaux d’excellence clinique pour les cancers de mauvais pronostic 

 

Qu’appelle-t-on un cancer de mauvais pronostic ?

Les cancers de mauvais pronostic regroupent des pathologies caractérisées par une survie globale inférieure à 33 % à cinq ans, une évolution rapide et/ou une résistance aux traitements standards. Ces cancers se distinguent par leur agressivité biologique et la complexité de leur prise en soins. Dès l’annonce du diagnostic, ils nécessitent une mobilisation immédiate d’une expertise spécialisée, afin de limiter les pertes de chance et d’orienter rapidement le patient vers les stratégies thérapeutiques les plus adaptées et personnalisées.

Pourquoi une organisation spécifique est-elle nécessaire ?

Face à l’agressivité de ces cancers, l’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de garantir un accès rapide aux meilleures expertises disponibles, souvent concentrées dans des centres hautement spécialisés. D’autre part, il est essentiel d’accélérer l’accès à l’innovation thérapeutique et à la recherche clinique, qui représente souvent une option déterminante dans ces situations.

En l’absence d’une coordination structurée, les patients comme les professionnels peuvent se retrouver isolés face à des situations complexes, évolutives et urgentes, avec un risque accru de retards décisionnels, de ruptures de parcours et d’inégalités territoriales.

Quelle est la stratégie nationale mise en place ?

Dans le cadre de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030, l’Institut National du Cancer (INCa) a structuré des réseaux d’excellence clinique spécifiquement dédiés aux cancers de mauvais pronostic. Ces réseaux ont pour objectif d’améliorer le parcours de soins, d’harmoniser les pratiques sur l’ensemble du territoire et de garantir une équité d’accès aux soins, indépendamment du lieu de prise en charge du patient.

Quels sont les réseaux labellisés en France ?

Fin 2024, 4 réseaux d’excellence clinique ont été labellisés par l’INCa au niveau national :

  • FEM-NET, dédié aux cancers gynécologiques et mammaires de mauvais pronostic. Le centre pilote est le Centre Léon Bérard (service de gynécologie) à Lyon avec 32 centres experts répartis en régions ;
  • GLIOREC, spécialisé dans les cancers neurologiques de mauvais pronostic, notamment les glioblastomes. Le centre pilote est le CHU de la Pitié-Salpêtrière (service de neuro-oncologie) à Paris avec 38 centres experts répartis en régions ;
  • RECAP, consacré aux cancers thoraciques de mauvais pronostic, en particulier le cancer du poumon. Le centre pilote est l’AP-HP, avec deux coordonnateurs nationaux rattachés au CHU Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt et au CHU Cochin à Paris (services de pneumologie) avec 32 centres experts répartis en régions ;
  • PAN-TOGETHER, centré sur les cancers digestifs de mauvais pronostic, tels que ceux du foie, du pancréas et de l’œsophage. Le centre pilote est le CHU de Best, avec deux coordonnateurs nationaux rattachés au CHU de Brest et à l’hôpital Avicennes à Bobigny avec 52 centres experts répartis en régions.

 

Au niveau européen ?

Le projet JANE, mis en place fin 2022, a pour objectif de préparer la mise en place d’un réseau d’expertise européen sur les cancers de mauvais pronostic. Un second projet, JaNE-2, permettra la mise en œuvre, à partir de fin 2025, de ces nouveaux réseaux d’expertise.